PHASE II – VERSION FRANÇAISE 🇫🇷
Prologue – Là où l’or cache les cris
Versailles.
Un nom qui, aux yeux du monde, ressemblait Ă une promesse.
Des miroirs dorés, des jardins sans fin, des lustres de cristal et des salles où les pas des puissants semblaient encore résonner des siècles plus tard.
Mais derrière les portes couvertes d’or vivait une autre vérité.
Une vérité faite de peur.
De silence.
D’hommes et de femmes dont personne ne connaissait les noms, bien que leurs mains aient construit le palais.
Pendant que les nobles vêtus de soie traversaient les couloirs en parlant de gloire, de guerre et d’honneur, derrière eux se tenaient des serviteurs devenus invisibles.
Ils servaient.
Ils obéissaient.
Ils disparaissaient.
Et personne ne demandait jamais oĂą ils allaient.
Car à Versailles existait une loi qui n’avait jamais été écrite :
La voix d’un serviteur valait moins que l’ombre d’un roi.
Mais tout royaume bâti sur la peur oubliait une chose :
La peur peut enfermer les hommes.
Mais elle peut aussi créer la colère.
Et parfois, une âme brisée devient quelqu’un que même les plus puissants doivent craindre.
Chapitre 1 – L’homme qui régnait par la peur
Lucien de Valmont se tenait devant le grand miroir de la Galerie des Glaces.
Son manteau noir reposait parfaitement sur ses épaules. Le bouton d’argent de son col reflétait la lumière des bougies.
Il observait son propre visage.
Un visage que beaucoup redoutaient.
« Le pouvoir », murmura-t-il devant son reflet, « ce n’est pas ce que l’on possède. »
Il sourit.
« Le pouvoir est ce que les autres perdent lorsqu’ils se trouvent face à vous. »
Lucien était l’un des hommes les plus influents de Versailles.
Sa famille avait accumulé richesse et influence pendant des siècles. Son nom ouvrait les portes avant même qu’il ne frappe.
Les ministres l’écoutaient.
Les nobles recherchaient son amitié.
Les serviteurs baissaient la tête dès qu’il entrait dans une pièce.
Mais Lucien ne voulait pas être respecté.
Pour lui, le respect n’était qu’une forme faible d’obéissance.
Il voulait la peur.
La peur était plus honnête.
Un homme pouvait mentir lorsqu’il vous appréciait.
Mais un homme qui vous craignait révélait toujours la vérité.
« Monsieur de Valmont. »
Une jeune servante apparut à l’entrée.
Son regard resta fixé au sol.
« Que veux-tu ? »
« Le dîner est prêt, Monsieur. »
Lucien se retourna lentement.
« Tu m’as regardé. »
La jeune fille se figea.
« Pardonnez-moi, Monsieur. Je voulais seulement… »
« Tu voulais quoi ? »
Elle resta silencieuse.
Lucien s’approcha.
« Les gens dans cette maison oublient parfois leur place. »
La servante trembla.
« Je vous demande pardon. »
Lucien sourit froidement.
« Le pardon est réservé à ceux qui le méritent. »
Il passa devant elle.
« Souviens-toi d’une chose : à Versailles, il existe ceux qui sont au-dessus et ceux qui sont en dessous. Personne ne monte plus haut en oubliant d’où il vient. »
La jeune femme resta seule.
Ses yeux se remplirent de larmes.
Mais elle ne pleura pas.
Pas cette fois.
Car au fond d’elle commençait à naître quelque chose.
Quelque chose que Lucien ne pouvait pas voir.
Chapitre 2 – La femme sans voix
Son nom était Élise Moreau.
Depuis l’âge de quinze ans, elle travaillait à Versailles.
Sa mère lui avait toujours répété :
« Un être humain peut être pauvre, mais il ne sera jamais sans valeur. »
Pourtant, Versailles lui avait enseigné le contraire.
Ici, la valeur d’une personne se mesurait à son nom.
Pas à son cœur.
Pas Ă son courage.
Pas à son âme.
Élise était invisible.
Et c’était précisément pour cela que les autres la sous-estimaient.
Elle entendait des conversations qui ne lui étaient pas destinées.
Elle remarquait des regards que les autres ignoraient.
Elle découvrait des secrets cachés entre les murs du palais.
Car les serviteurs étaient les ombres de Versailles.
Et les ombres voient tout.
Une nuit froide, Élise trouva une vieille lettre cachée derrière une boiserie de l’aile ouest.
Le papier était jauni par le temps.
Le sceau portait les armoiries de la famille Valmont.
Son cœur se mit à battre plus vite.
Elle ouvrit la lettre.
Les mots qui y étaient écrits glacèrent son sang.
« Si cette lettre est découverte, cela signifie que la vérité revient enfin. Lucien de Valmont n’est pas l’homme que tout le monde croit connaître. Son ascension a été bâtie sur un crime. »
Élise continua sa lecture.
Chaque ligne était plus dangereuse que la précédente.
Vingt ans auparavant, un homme avait disparu.
Un homme nommé Antoine Moreau.
Son père.
Elle s’assit sur le sol froid.
Son père n’avait jamais parlé de Versailles.
Sa mère avait toujours dit qu’il était parti.
Mais maintenant Élise comprenait.
Il n’était pas parti.
Il avait disparu.
Et Lucien de Valmont savait pourquoi.
Chapitre 3 – Le secret derrière les murs
Le lendemain matin, tout changea.
Élise ne regardait plus Lucien de la même manière.
Il n’était plus seulement un homme cruel.
Il était quelqu’un qui cachait quelque chose.
Les hommes comme Lucien étaient dangereux.
Pas Ă cause de leur force.
Mais Ă cause de leurs secrets.
Elle commença discrètement son enquête.
Chaque information révélait une image plus sombre.
La corruption.
La trahison.
Les disparitions.
Et toujours le mĂŞme nom :
Valmont.
Un soir, elle rencontra Adrien Beaumont.
Un ancien archiviste du palais.
Il était l’un des rares hommes à ne pas montrer de peur devant Lucien.
« Tu recherches ton père », dit Adrien.
Élise fut surprise.
« Comment le savez-vous ? »
Le vieil homme la regarda avec tristesse.
« Parce que je savais qu’un jour quelqu’un viendrait. »
« Que s’est-il passé ? »
Adrien resta silencieux longtemps.
Puis il répondit :
« Ton père voulait révéler la vérité sur Valmont. »
« Et ensuite ? »
« Lucien a fait en sorte qu’il ne puisse jamais parler. »
Les mains d’Élise se serrèrent.
« Est-il mort ? »
Adrien regarda par la fenĂŞtre.
