Keine Gäste.

Ohne zu lächeln.

— Was haben Sie aktiviert?

Camille stand nicht auf.

— Hallo, Geneviève.

— Spiel nicht mit mir.

— Ich spiele nicht mit.

— Die Gruppe verliert stündlich mehrere Millionen.

— Dann sollten Sie vielleicht Ihre Zeit nicht mit einem Gespräch mit mir verschwenden.

Geneviève kam näher.

— Dazu haben Sie keine Befugnis.

Camille sah sie an.

– Ja.

— Adrien hätte dir das niemals gegeben —

— Du weißt nicht alles, was Adrien getan hat.

Dieser Satz erreichte Geneviève.

Sie verstummte.

Camille fuhr fort:

— Du dachtest immer, dein Sohn hätte dir alles erzählt.

— Er hatte keinen Grund, Ihnen die Kontrolle über das Treuhandvermögen anzuvertrauen.

— Dies ist kein Scheck.

– Na und?

– Schutz.

Geneviève lachte.

— Schutz vor wem?

Camille antwortete nicht.

Geneviève verstand.

— Gegen mich?

Camille schwieg.

Dieses Schweigen erforderte eine Reaktion.

Geneviève trat einen Schritt zurück.

— Du lügst.

— Fragen Sie Meister Delcourt.

Der Name des Notars hatte sofortige Wirkung.

Geneviève holte ihr Handy heraus.

Camille fügte hinzu:

— Und wenn Sie ihn schon am Telefon haben, fragen Sie ihn doch, warum Adrien sechs Monate vor seinem Tod Artikel vierzehn der Treuhandurkunde geändert hat.

Geneviève hielt an.

– Was ?

Camille sah ihr direkt in die Augen.

— Siehst du? Man weiß nicht alles.


Um ein Uhr wurde eine Dringlichkeitssitzung in der Schlossbibliothek einberufen.

Das Buffet blieb nahezu unversehrt.

Die unbekanntesten Gäste wurden unter dem Vorwand eines administrativen Problems gebeten zu gehen.

Die Verwandten blieben.

Der Geschäftsführer.

Der Finanzvorstand.

Zwei Administratoren.

Meister Delcourt.

Geneviève.

Camille.

Lucas wohnte bei einer Gouvernante im Garten.

Camille kam als Letzte ins Spiel.

Sie trug immer noch keinen auffälligen Schmuck.

Ihr Kleid war zerknittert.

Ihr Haar war leicht locker.

Doch niemand sah in ihr mehr die Frau, die gekommen war, um um Hilfe zu bitten.

Geneviève saß am Ende des Tisches.

– Hinsetzen.

Camille wählte einen Platz am Rand.

Meister Delcourt hat eine Akte geöffnet.

— Ich werde es ganz deutlich sagen.

Er sah Geneviève an.

— Frau Camille Laurent besitzt tatsächlich die Befugnisse, die sie soeben ausgeübt hat.

Geneviève presst die Zähne zusammen.

— Pourquoi n’en ai-je pas été informée ?

— Vous l’avez été juridiquement.

— Je parle réellement.

— Adrien avait demandé la confidentialité.

— Contre sa propre mère ?

Delcourt ne répondit pas directement.

— La clause de sauvegarde a été activée à onze heures douze.

Le directeur financier intervint.

— Que faut-il faire pour lever le blocage ?

Delcourt regarda Camille.

— Seule Madame Laurent peut le demander.

Geneviève se tourna vers elle.

— Faites-le.

Camille ne bougea pas.

— Non.

Le mot fut très calme.

Geneviève parut presque surprise.

– Pardon ?

— Je ne lèverai pas le blocage pour l’instant.

— Vous êtes devenue folle ?

— Peut-être.

Camille sortit une enveloppe de son sac.

Elle la posa sur la table.

— Mais pas autant que quelqu’un qui pense pouvoir détourner quarante-sept millions d’euros sans laisser de traces.

Silence total.

Le directeur financier regarda Geneviève.

Geneviève fixe Camille du regard.

— Qu’est-ce que c’est ?

— Les documents qu’Adrien préparait avant sa mort.

Le visage de Geneviève changea.

Très légèrement.

Mais Camille le vit.

— Quels documents ?

Camille ouvrit l’enveloppe.

Contrats.

Virements.

Factures.

Participations croisées.

— Pendant les deux années précédant sa mort, Adrien enquêtait sur une société appelée Valmera Conseil.

Le directeur général fronça les sourcils.

— Je connais ce nom.

— Vous devriez.

Camille poussa un document vers lui.

— Elle a facturé près de dix-neuf millions d’euros au groupe en missions de conseil.

— Pour quels projets ?

— Aucun.

Geneviève intervint :

— C’est absurde.

Camille poursuit.

— L’argent a transité par Luxembourg, puis Genève.

Maître Delcourt feuilleta une copie.

— Et qui contrôle Valmera ?

Camille leva les yeux vers Geneviève.

— Voilà la question.

Geneviève reste impassible.

— Vous m’accusez ?

— Non.

— Pourtant, tout dans votre mise en scène—

— Je ne vous accuse de rien.

Camille marqua une pause.

— Pas encore.


La réunion dura trois heures.

À la fin, plusieurs administrateurs ne regardaient plus Geneviève de la même manière.

Elle le sentait.

Et cela la mettait hors d’elle.

Lorsque tout le monde sortit, elle retint Camille.

— Restez.

La porte se referma.

Geneviève s’approcha.

— Que voulez-vous ?

— Rien.

— Tout le monde veut quelque chose.

— Je voulais simplement que Lucas soit traité comme votre petit-fils.

— Vous avez paralysé une entreprise familiale à cause d’une dispute ?

Camille se lève.

— Non.

Elle rassembla ses papiers.

— J’ai paralysé une entreprise parce que ce matin, vous m’avez prouvé que vous étiez prête à utiliser les actifs du trust pour régler vos comptes personnels.

Geneviève ricana.

— Vous pensez réellement être plus intelligente que moi ?

Camille s’arrêta.

— Non.

Elle se tourna vers elle.

— Mais Adrien l’était peut-être.

Puis elle partit.

Geneviève resta seule.

Sur la table, un document avait été oublié.

Ou laissé volontairement.

Une photocopie d’un relevé bancaire.

Elle la prit.

Un nom figurait en bas.

Bénéficiaire économique : ÉTIENNE LAURENT.

Geneviève sentit son sang se glacer.

Étienne.

Son frère cadet.

Un homme qu’elle n’avait pas vu depuis sept ans.

Un homme qu’Adrien détestait.

Und ein Mann, von dem die ganze Familie glaubte, er habe sich aus dem Geschäftsleben zurückgezogen.

Geneviève begriff nun, dass Camille nicht nur versuchte, Lucas zu beschützen.

Sie hatte eine Tür geöffnet, die niemand hatte öffnen wollen.

Und hinter dieser Tür verbarg sich ein Geheimnis, das die Laurents weit mehr als nur einen einfachen Familienstreit zerstören konnte.


TEIL 3 — DER WAHRE ERBE

Étienne Laurent lebte in Lausanne.

Offiziell.

Tatsächlich besaß er auch ein Haus in der Provence, eine Wohnung in Brüssel und mehrere in Malta registrierte Unternehmen.

Er war einundsechzig Jahre alt.

Elegant.

Charmeur.

Gefährlich ruhig.

In den neunziger Jahren hatte er mit seinem Vater zusammengearbeitet, um die Laurent-Gruppe international auszubauen.

Dann vertrieb Geneviève ihn.

In der offiziellen Version war von strategischen Differenzen die Rede.

Die Realität war düsterer.