J’ai ensuite regardé Camille : « Quant à vous, ma chère belle-fille… Le contrat du château est à votre nom et à celui de Julien. Les huissiers ne s’arrêteront pas aux cadeaux. Ils saisiront vos véhicules, vos comptes, et votre appartement dès cet après-midi. Vous êtes ruinés. Et le mariage n’aura duré que douze heures. »

Camille a dévisagé Julien avec un dégoût viscéral. Réalisant que le pactole s’était envolé et que son nouveau mari risquait plusieurs années de prison ferme, elle a retiré violemment son alliance en diamant — payée avec mon argent — et l’a jetée au visage de Julien.

« Espèce de pauvre type ! Tu m’as menti ! Tu disais que ta mère était une source inépuisable ! » a-t-elle craché avant de faire demi-tour et de quitter la maison en courant avec ses parents, abandonnant Julien à son propre cauchemar.

Julien pleurait à chaudes larmes, rampant sur le carrelage de la cuisine, me suppliant de retirer la plainte, de payer les dettes, de lui pardonner.

Je n’ai pas ressenti la moindre pitié. Mon cœur s’était endurci au feu de leur trahison.

J’ai ramassé ma valise, prête près de la porte, et j’ai glissé dans mon manteau le petit carnet en cuir de Thomas, mon défunt mari. Le voyage en Écosse n’était plus un rêve annulé. Mon vol décollait à quatorze heures de l’aéroport de Paris.

Arrivée sur le seuil de la porte, je me suis retournée une dernière fois pour contempler mon fils, brisé, seul sur le sol, alors que les sirènes de la gendarmerie retentissaient déjà au loin dans la rue.

« Tu voulais un mariage de prince, Julien », lui ai-je dit doucement. « Maintenant, paye la note. »

\J’ai claqué la porte derrière moi, laissant le passé s’effondrer sous le poids de sa propre cupidité, et je suis partie respirer l’air pur de ma nouvelle liberté.