
Le silence dans la salle était devenu insupportable.
Pendant plusieurs secondes, personne ne bougea.
Le bruit venait clairement de l’étage.
Un pas.
Puis un autre.
Lent.
Lourd.
Comme si quelqu’un savait exactement que tout le monde en bas l’écoutait.
Claire porta une main à sa bouche.
« La chambre de papa… »
Mathieu regarda l’avocat.
« Vous avez dit qu’elle était sous scellés depuis sa mort. Personne ne devait y entrer. »
Laurent Dubois hocha lentement la tête.
« C’est exact. La police l’a fermée il y a trois jours. »
Julien, lui, fixait l’escalier.
Son visage avait perdu toute arrogance.
Pour la première fois depuis le début de la soirée, il semblait avoir peur.
« Quelqu’un veut nous faire croire à une histoire ridicule. »
Il tenta de rire.
Mais son rire sonna faux.
« Une personne est entrée par une autre fenêtre, ou quelque chose comme ça. Ce n’est pas une preuve contre moi. »
L’avocat observa son comportement.
Puis il dit calmement :
« Je n’ai jamais prononcé votre nom, Monsieur Julien. »
Cette phrase fit tomber un nouveau silence.
Mathieu regarda son frère.
Claire aussi.
Julien comprit trop tard son erreur.
Il venait de se défendre avant même d’être accusé.
« Vous essayez de me piéger. »
« Non. » répondit Dubois. « Je regarde simplement les réactions des personnes présentes. »
À cet instant, un nouveau bruit retentit.
Cette fois, venant directement de la porte de la chambre à l’étage.
Un objet venait de tomber.
Claire murmura :
« Quelqu’un est vraiment là-haut… »
PARTIE 3 — LA CHAMBRE D’HENRI MOREAU
La porte de la chambre du deuxième étage était visible depuis l’escalier.
Le vieux ruban jaune de la police pendait encore autour de la poignée.
Mais il était déchiré.
Quelqu’un avait forcé l’entrée.
Laurent Dubois sortit son téléphone.
« J’ai appelé la police avant de venir ici. Ils seront là dans quelques minutes. »
Julien fixa l’avocat.
« Vous saviez que quelque chose allait arriver ? »
Dubois ne répondit pas.
Il monta lentement les marches.
Mathieu suivit derrière lui.
Claire hésita quelques secondes avant de les accompagner.
Julien resta immobile.
Puis il finit par monter également.
La porte était légèrement ouverte.
Une odeur étrange sortait de la pièce.
Une odeur de brûlé.
Comme du papier ancien qui venait de prendre feu.
Dubois poussa doucement la porte.
La chambre d’Henri Moreau était exactement comme le jour de sa mort.
Le lit.
Les livres.
Le bureau.
Les photos de famille.
Mais quelque chose avait changé.
Sur le mur, derrière un tableau représentant un paysage, une ouverture était visible.
Un coffre caché.
Mathieu s’approcha.
« Papa avait un coffre dans sa chambre ? »
Claire secoua la tête.
« Je n’ai jamais été au courant. »
Julien, lui, ne disait rien.
Trop rien.
Et c’était précisément ce qui inquiéta l’avocat.
Dubois se retourna.
« Monsieur Julien… vous connaissiez l’existence de ce coffre ? »
« Non. »
La réponse fut trop rapide.
Claire observa son frère.
« Tu mens. »
Julien se retourna brutalement.
« Fais attention à ce que tu dis. »
« Depuis le début tu agis comme si tu savais déjà ce qu’il y avait dans ce testament. »
Mathieu ajouta :
« Et tu as détruit le document avant même de vérifier son authenticité. Pourquoi ? »
Julien serra les poings.
Mais avant qu’il puisse répondre…
Un bruit métallique retentit.
Le coffre venait de s’ouvrir.
À l’intérieur se trouvaient :
Une clé USB.
Une vieille photo.
Et une lettre.
Sur l’enveloppe était écrit :
“Pour mes trois enfants. Mais surtout pour celui qui a oublié ce qu’il a fait.”
PARTIE 4 — LA VIDÉO D’HENRI
Dubois prit la clé USB.
Il la plaça dans son ordinateur portable.
Une vidéo apparut.
L’image était sombre.
Henri Moreau était assis devant son bureau.
Son visage était fatigué.
Mais son regard était déterminé.
« Si vous regardez cette vidéo, cela signifie que je suis mort. »
Claire commença à pleurer.
Voir son père parler après sa mort était presque irréel.
Henri continua :
« Pendant des années, j’ai cru que ma famille était ma plus grande réussite. J’avais tort. Certaines personnes proches de vous peuvent être plus dangereuses que vos ennemis. »
Il regarda directement la caméra.
« Julien. Si tu regardes cette vidéo… sache que je t’ai pardonné. Mais je ne pouvais pas laisser ton crime disparaître avec moi. »
Julien devint blanc.
« Non… »
Mathieu recula.
« Quel crime ? »
La vidéo continua.
« Il y a six mois, j’ai découvert que mon entreprise perdait de l’argent. Des millions d’euros avaient disparu. Les preuves m’ont conduit vers une seule personne. »
Henri marqua une pause.
« Mon fils aîné. »
Claire regarda Julien avec horreur.
« C’est vrai ? »
Julien ne répondit pas.
Son silence était une réponse.
PARTIE 5 — LA VÉRITÉ SUR LA MORT D’HENRI
Dans la vidéo, Henri reprit :
« Mais voler mon argent n’était pas son seul secret. »
Une nouvelle image apparut.
Des documents bancaires.
Des signatures.
Des conversations imprimées.
Tout prouvait que Julien avait utilisé l’identité de son père pour détourner de l’argent.
Mais Henri ajouta une phrase qui changea tout.
« Je sais aussi que Julien n’a pas agi seul. »
Tout le monde se figea.
Julien leva les yeux.
« Quoi ? »
Henri continua :
« La personne qui l’a aidé est celle que personne ne soupçonnera jamais. »
La vidéo s’arrêta.
Un fichier apparut.
Nom du fichier :
“LE VRAI MEURTRIER.”
Dubois cliqua dessus.
Une nouvelle vidéo démarra.
Cette fois, on voyait l’hôpital.
La chambre d’Henri.
La nuit de sa mort.
Une silhouette entra.
Elle portait une blouse médicale.
Elle s’approcha du lit.
Puis retira son masque.
Claire poussa un cri.
« Non… impossible. »
Mathieu regarda la personne sur l’écran.
« C’est… »
Julien murmura :
« Toi ? »
PARTIE 6 — LA PERSONNE DERRIÈRE TOUT
La vidéo montrait une femme.
Une femme que les trois enfants connaissaient parfaitement.