— Alors faites-la légalement.
— Je te déteste.
Méduse sourit.
— La Charte fonctionne.
Aurelia fixa le plafond.
— Pourquoi ai-je accepté que tu obtiennes ce poste ?
— Tu n’as pas choisi.
Aurelia s’arrêta.
Puis rit.
— Bon sang.
C’est vrai.
Dix ans après le réveil de Caël, la vieille statue ne se trouvait plus dans la salle du trône.
Mais on avait conservé un fragment.
Une partie de sa poitrine de pierre.
La fissure exacte où son cœur avait recommencé à battre.
À côté, une plaque expliquait :
« Le battement n’a pas prouvé l’innocence de Méduse. Il a prouvé que l’histoire officielle était incomplète. Les preuves ont dû faire le reste. »
Aurelia avait insisté pour ajouter une deuxième phrase :
« Une lettre capable de changer le procès fut cachée par Princess Aurelia pendant neuf mois. Elle reconnut ensuite publiquement cet acte. »
Caël avait demandé :
— Tu veux vraiment que ça reste là pour toujours ?
Aurelia répondit :
— Si mes descendants connaissent uniquement les bonnes choses que j’ai faites après, ils apprendront la mauvaise leçon.
Méduse avait souri.
— Enfin quelque chose d’intelligent.
— Tu vas dire ça à chaque fois ?
— Probablement.
Un jour, un enfant visita la salle.
Il regarda le fragment.
Puis Méduse.
— C’est vrai que vous pouvez transformer quelqu’un en pierre ?
— Oui.
Il recula légèrement.
— Et faire revenir les gens ?
— Parfois.
— Alors pourquoi ne sauvez-vous pas tout le monde ?
Méduse réfléchit.
— Parce que la magie a des limites.
Parce qu’elle a des risques.
Et parce qu’avoir le pouvoir de faire quelque chose ne donne pas automatiquement le droit de le faire.
L’enfant observa Caël, qui entrait justement.
— C’est lui ?
— Oui.
— Le prince de pierre ?
Caël soupira.
— Encore.
L’enfant s’approcha.
— Votre cœur battait vraiment dans la pierre ?
— Oui.
— Vous l’entendiez ?
Caël devint silencieux.
Puis :
— Parfois.
— Vous aviez peur ?
— Beaucoup.
— Et qu’est-ce qui vous a sauvé ?
L’enfant regardait Méduse, attendant une réponse évidente.
Caël sourit.
— Plusieurs choses.
Sa magie.
Les preuves que j’avais cachées.
Des gens qui ont fini par dire la vérité.
Et surtout…
le fait qu’on ait cessé de croire qu’une seule explication suffisait.
L’enfant sembla déçu.
— C’est compliqué.
Méduse répondit :
— Les meilleures vérités le sont souvent.
Bien plus tard, Caël et Méduse se retrouvèrent seuls sur une terrasse dominant les montagnes.
Er hatte ein paar graue Haare.
Auch Medusas Schlangen trugen nun silberne Schuppen.
Caël nahm ihre Hand.
Sie drückte es an ihre Brust.
– Erinnerst du dich?
Sie spürte sein Herz.
Heiß.
Regulär.
Menschlich.
Boom.
Sie lächelte.
– Bedauerlicherweise.
Boom.
— Beim ersten Mal war das gesamte Gericht der Ansicht, dass diese Prügelstrafe meine Unschuld bewies.
Und nun?
Medusa blickte auf den Palast.
Dann die wiederhergestellten Dörfer.
Dann der Mann vor ihr.
— Ich glaube, er wollte damit nur beweisen, dass es noch etwas zu hören gab.
Caël lächelte.
— Sehr poetisch.
— Gewöhn dich nicht daran.
Er legte seine Hand auf ihre.
— Danke, dass Sie mich gerettet haben.
Medusa schüttelte den Kopf.
— Du hast mich darum gebeten.
Der Unterschied ist entscheidend.
Über dem alten Königshof war ein Satz in Stein gemeißelt:
„Ein Wunder kann enthüllen, dass eine Geschichte falsch ist. Er sollte die Geschichte niemals allein schreiben.“
Unter dem Fragment des versteinerten Herzens, ein weiteres:
Bevor man entscheidet, was das Schweigen einer Person bedeutet, sollte man sich zuerst fragen, wer sie zum Schweigen gebracht hat.
Und so kam es schließlich dazu, dass sich das Königreich an diesen Tag erinnerte.
Nicht so wie in der Geschichte, in der Medusa ihre Unschuld durch Magie bewies.
Nicht so wie in der Geschichte, in der ein toter Prinz auf wundersame Weise wieder zum Leben erwachte.
Aber wie in dem Fall, in dem ein einziger Herzschlag ein ganzes Gericht dazu zwang, zuzugeben, dass es zu voreilig verurteilt hatte.
Cael war in Stein verwandelt worden, um zu überleben.
Um die Geschichte zu vereinfachen, wurde Medusa in ein Monster verwandelt.
Aurelia war zur Erbin erhoben worden, bevor sie bereit war, der Wahrheit ins Auge zu sehen.
Und König Armand hatte seine Angst vor Instabilität als Ausrede benutzt, um nicht gründlich genug nachzuforschen.
Das Herz aus Stein hatte geschlagen.
Doch was das Königreich wirklich veränderte, kam erst später:
als jeder schließlich gezwungen war, für seine Taten Rede und Antwort zu stehen…