Ils avaient suivi une thérapie.

Ils s’étaient disputés.

Ils avaient parlé de choses qu’ils évitaient depuis des années.

Adrien avait dû reconnaître que son problème n’était pas seulement son comportement pendant le gala.

C’était tout ce qui avait précédé.

Ses remarques.

Son indifférence.

Son besoin maladif d’être admiré.

Et surtout son incapacité à voir la femme qui partageait sa vie autrement qu’à travers le regard des autres.

Il n’avait pas changé en une nuit.

Mais il avait commencé à changer.

Elena, de son côté, n’avait jamais quitté son poste.

Elle dirigeait désormais Valmont.

Son premier grand projet avait permis de créer un fonds destiné à accompagner de petites entreprises familiales en difficulté.

Le genre d’entreprise que son père avait autrefois essayé de sauver.

Adrien regarda la photographie posée sur son bureau.

Elena et son père, des années auparavant.

— Il serait fier de toi, dit-il.

Elena tourna les yeux vers la photo.

— J’espère.

Adrien hésita.

— Et toi ?

— Quoi ?

— Est-ce que tu es fière de moi ?

Elena le regarda longtemps.

Puis elle sourit.

— Demande-moi encore dans un an.

Adrien rit doucement.

Cette fois, il ne se vexa pas.

Il se dirigea vers la porte.

Avant de sortir, Elena l’appela.

— Adrien ?

Il se retourna.

Elle lui tendit la main.

— On déjeune ensemble ?

Son visage s’éclaira.

— Avec plaisir.

Il s’approcha.

Et pour la première fois depuis longtemps, lorsqu’il prit la main de sa femme, ce n’était pas parce que quelqu’un les regardait.

C’était précisément parce que personne ne les regardait.

Et Elena comprit alors quelque chose.

Le véritable pouvoir n’était pas d’avoir réussi à humilier l’homme qui l’avait humiliée.

Ce n’était pas de devenir présidente.

Ce n’était même pas de pouvoir quitter Adrien du jour au lendemain.