Puis vers Khalid.
Et à la table 7, un homme laissa tomber son verre.
7. L’HOMME DE LA TABLE 7
Il s’appelait Omar Vassal.
Investisseur.
Soixante ans.
Vieille relation de la famille.
Lorsque Maya approcha, son visage était livide.
— Nour…?
Maya s’arrêta.
Khalid observa.
— Vous la connaissez ?
Omar reprit son calme.
— Bien sûr. Tout le monde connaissait Nour.
Mais Maya vit quelque chose.
Pas dans ses mots.
Dans ses yeux.
De la peur.
Elle s’assit.
Quelques minutes plus tard, Omar se pencha vers elle.
— Vous ne devriez pas porter cette robe.
Maya répondit :
— Pourquoi ?
— Parce qu’elle appartient à une morte.
Maya soutint son regard.
— Nour n’a jamais été déclarée morte.
Omar pâlit.
Puis se leva brusquement.
8. LA CAMÉRA CACHÉE
Sous la table 7, Maya trouva une petite marque.
Un ancien trou dans le bois.
Faris se souvint alors d’un détail.
Trois ans plus tôt, Nour avait insisté pour choisir cette table.
Elle avait peut-être caché quelque chose.
Un technicien examina la structure.
Il trouva un minuscule module de stockage.
Ancien.
Abîmé.
Mais lisible.
Une vidéo.
Datée de la nuit où Nour avait disparu.
Ils la lancèrent dans une pièce privée.
Nour apparaissait.
Robe rouge.
Même salle.
Elle parlait avec Salma.
Maya sentit son cœur s’arrêter.
Sa mère.
Plus jeune.
Vivante.
Nour disait :
— Si je ne reviens pas, emmène Maya loin d’ici.
Maya se figea.
Elle existait déjà.
Et Nour connaissait son nom.
9. LA VRAIE MISSION DE SALMA
La vidéo continuait.
Salma répondait :
— Elle ne saura jamais qui elle est.
Nour :
— Elle devra savoir un jour.
Salma secouait la tête.
— Pas tant que Khalid ne connaît pas la vérité sur son père.
Khalid stoppa la vidéo.
— Mon père ?
Faris devint blanc.
Maya regarda Khalid.
— Qu’est-ce que votre père a à voir avec moi ?
Personne ne répondit.
Khalid relança.
Nour continuait :
— S’il découvre que Maya est vivante, il fera ce qu’il a fait à sa mère.
La vidéo s’arrêta brutalement.
Maya ne bougeait plus.
— Ma mère ?
Salma n’était donc peut-être pas sa mère biologique.
Encore un mensonge.
10. LE PÈRE DE KHALID
Le père de Khalid, Rashid Al-Rashid, était officiellement mort depuis quatre ans.
Mais Faris connaissait la vérité.
— Votre père n’est pas mort.
Khalid se leva brutalement.
— Quoi ?
— Il vit à l’étranger sous une autre identité.
Maya demanda :
— Pourquoi ?
Faris répondit :
— Parce que Nour avait découvert ses comptes.
Des sociétés secrètes.
Des transferts de patrimoine.
Des propriétés vendues sans autorisation.
Et surtout un document qui modifiait l’ordre d’héritage familial.
Maya comprit.
— C’est pour ça qu’elle a disparu ?
Faris répondit :
— C’est une partie.
11. L’HÉRITIÈRE
Faris ouvrit enfin un ancien coffre.
À l’intérieur, un acte de naissance.
Nom :
Maya Al-Rashid.
Maya recula.
— Non.
Nom de la mère :
Layla Al-Rashid.
Pas Salma.
Khalid connaissait ce nom.
Layla était la sœur de son père.
Officiellement morte vingt-six ans plus tôt.
Maya sentit tout se brouiller.
— Donc Nour n’était pas ma sœur ?
Faris répondit :
— Cousine.
— Alors pourquoi deux pendentifs ?
— Parce que Nour et votre mère appartenaient à la même branche.
Puis il ajouta :
— Mais Nour vous a élevée comme une sœur dans l’ombre.
Maya ne comprit pas.
— Pourquoi moi ?
Faris regarda l’acte.
— Parce que légalement, vous possédez une part du groupe que personne n’aurait dû pouvoir vendre.
Khalid devint livide.
12. LE VRAI MOTIF DU DÎNER
Le contrat prévu ce soir concernait précisément ces actifs.
Un accord colossal.
Ports.
Terrains.
Infrastructures.
Khalid croyait en être le seul signataire nécessaire.
Mais il manquait une personne.
Maya.
Si son identité était reconnue, elle pouvait bloquer tout l’accord.
Maya regarda Khalid.
— Votre fausse épouse…
Il comprit.
— Devient la personne qui peut annuler mon contrat.
Ironie parfaite.
Quelqu’un avait peut-être placé cette robe devant lui volontairement.
Quelqu’un voulait que Maya entre dans la salle.
13. LE MESSAGE DE NOUR
Dans le module vidéo, ils trouvèrent un second fichier.
Nour apparaissait seule.
Elle regardait directement la caméra.
— Maya, si tu vois ceci, Salma a échoué à te garder loin du palais.
Maya sentit les larmes monter.
— Ne fais confiance à personne uniquement parce qu’il porte ton nom.
Khalid baissa les yeux.
Nour continua :
— Khalid n’est pas ton ennemi.
Il releva la tête.
— Mais il ne sait pas encore que son père a construit son pouvoir sur la disparition de ta mère.
Maya trembla.
— Layla n’est pas morte dans un accident.
Silence.
— Elle a été enfermée.
La vidéo s’arrêta.
14. L’ENDROIT
Un fichier joint contenait des coordonnées.
Un ancien palais secondaire appartenant autrefois à Rashid.
Khalid voulut partir immédiatement.
Mais Faris l’arrêta.
— Vous ne comprenez pas.
— Quoi ?
— Si Nour savait où se trouvait Layla…
Il hésita.
— C’est probablement la raison pour laquelle elle a disparu.
Maya demanda :
— Vous pensez qu’elle est vivante ?
Faris répondit :
— Je pense que personne n’a jamais trouvé son corps.
Khalid mobilisa une petite équipe de confiance.
Maya insista pour venir.
15. LA PIÈCE CACHÉE
Ils arrivèrent au palais abandonné avant l’aube.
Sous une bibliothèque, un passage.
Escalier.
Couloir souterrain.
Puis une pièce verrouillée.
À l’intérieur :
des vêtements.
Des médicaments.
Des livres.
Des photographies.
Quelqu’un avait vécu ici.
Longtemps.
Maya vit un portrait.
Une femme.
Même yeux qu’elle.
Même pendentif.
Layla.
Sa mère.
Sur la table, une lettre récente.
Datée de trois semaines plus tôt.
Adressée à :
Maya.
Ses mains tremblaient.
Elle ouvrit.
Ma fille,
si tu lis ceci, Nour a probablement réussi à te ramener vers la vérité.
Ne cherche pas seulement à savoir pourquoi j’ai disparu.
Cherche qui continue à garder Nour prisonnière.
Maya arrêta de respirer.
— Nour est vivante.
Khalid pâlit.
Faris recula.
Puis un bruit résonna derrière eux.
Une porte métallique.
Tout le monde se retourna.