Nabil détourna les yeux.
Khalid comprit avant elle.
« Parce que tu sais ce qui lui est arrivé. »
Nabil resta silencieux.
Puis murmura :
« Elle était vivante quand elle a quitté le domaine. »
« Avec qui ? »
« Avec moi. »
7. NABIL AVAIT AIDÉ MIRIAM À FUIR
Nabil affirma qu’il avait regretté d’avoir participé aux falsifications.
Quand Miriam avait menacé de tout révéler, Hassan avait ordonné qu’elle soit enfermée dans l’aile nord jusqu’à ce qu’elle signe un accord.
Nabil l’avait libérée.
Il avait organisé sa fuite.
Miriam devait retrouver sa petite fille quelques jours plus tard.
Mais elle n’était jamais venue.
« Où est-elle allée ? » demanda Maya.
« Je ne sais pas. »
« Vous mentez. »
« Non. »
Puis Nabil ajouta :
« Mais quelqu’un l’a retrouvée avant moi. »
8. UNE PHOTOGRAPHIE CACHÉE
Nabil demanda qu’on ouvre la doublure intérieure de la robe rouge.
Un couturier apporta de petits ciseaux.
Quelques points furent retirés.
Une enveloppe très fine glissa du tissu.
Maya la ramassa.
À l’intérieur :
une photographie.
Miriam.
Plus jeune.
Vivante.
Et à côté d’elle se tenait le père de Khalid.
Hassan.
Mais ce n’était pas la partie la plus troublante.
Miriam tenait un petit garçon dans ses bras.
Khalid.
Enfant.
Au dos, une phrase :
Pour Khalid, quand il sera assez grand pour connaître la vérité.
Khalid s’assit.
« Pourquoi ma mère n’est-elle pas sur cette photo ? »
Personne ne répondit.
9. MIRIAM N’ÉTAIT PAS UNE SIMPLE PROPRIÉTAIRE
Nabil s’approcha.
« Hassan et Miriam se connaissaient depuis l’adolescence. »
Khalid releva la tête.
« Qu’est-ce que tu essaies de dire ? »
« Ils se sont aimés. »
Maya regarda Khalid.
Puis la photo.
Nabil continua :
« Hassan devait épouser une femme choisie par sa famille. Miriam était considérée comme indésirable à cause du conflit entre les deux familles. »
Le mariage eut lieu.
Mais Miriam resta proche d’Hassan pendant plusieurs années.
Khalid se leva lentement.
« Ma mère était bien ma mère. »
Nabil répondit :
« Oui. »
Un léger soulagement traversa le visage de Khalid.
Puis Nabil ajouta :
« Mais Miriam était ta marraine. »
Hassan lui avait confié la protection de Khalid si quelque chose arrivait.
Voilà pourquoi elle apparaissait avec lui enfant.
10. MAIS POURQUOI EFFACER MIRIAM ?
Parce qu’après avoir découvert les faux actes, Miriam ne menaçait pas seulement une fortune.
Elle menaçait la réputation du patriarche.
Hassan avait peur de perdre le domaine.
Nabil affirma cependant qu’il n’avait jamais ordonné sa mort.
« Alors qui ? » demanda Maya.
Nabil hésita.
Puis regarda une femme âgée parmi les invités.
Tout au fond.
Vêtue de noir.
Khalid suivit son regard.
« Tante Samira ? »
La femme cessa de sourire.
11. SAMIRA CONNAISSAIT LE SECRET
Samira Al-Nasir était la sœur aînée d’Hassan.
Pendant des décennies, elle avait géré les affaires familiales.
Elle s’avança lentement.
« Nabil raconte toujours les histoires de façon à paraître innocent. »
Maya demanda :
« Vous connaissiez ma mère ? »
« Très bien. »
« Vous savez où elle est ? »
Samira regarda la broche.
« Non. »
Mais quelque chose dans son ton convainquit Maya du contraire.
Khalid demanda :
« Qu’as-tu fait il y a vingt-deux ans ? »
Samira répondit :
« J’ai empêché ton père de perdre tout ce qu’il avait construit. »
12. LE DOSSIER DE MIRIAM
Samira révéla que Miriam possédait des copies des actes originaux.
Sans elles, personne ne pouvait prouver la fraude.
Elle avait donc envoyé quelqu’un récupérer les documents.
Mais lorsque ses hommes avaient trouvé Miriam, elle n’avait plus les papiers.
« Où étaient-ils ? »
Samira regarda Maya.
« Avec l’enfant. »
Maya recula.
« Avec moi ? »
Sa grand-mère avait caché les documents quelque part avant d’emmener Maya loin du domaine.
Miriam savait que personne ne fouillerait les affaires d’une petite fille.
Maya murmura :
« Ma grand-mère est morte il y a six ans. »
Samira répondit :
« Alors peut-être qu’elle t’a laissé quelque chose. »
Maya pensa soudain à un objet.
Une vieille boîte à musique.
Elle ne l’avait jamais ouverte depuis la mort de sa grand-mère.
13. LA BOÎTE À MUSIQUE
Ils quittèrent le gala.
Khalid accompagna Maya jusqu’à son petit appartement.
La boîte était au fond d’une armoire.
Bois sombre.
Une ballerine cassée.
Maya tourna la clé.
Une mélodie familière joua.
Puis le mécanisme s’arrêta.
Khalid remarqua un double fond.
À l’intérieur :
un paquet enveloppé dans du tissu.
Des actes de propriété.
Une lettre.
Et une cassette vidéo miniature.
La lettre était écrite de la main de Miriam.
Maya, si tu lis ceci, c’est que je n’ai pas pu revenir. Ne déteste pas Hassan. Le danger venait de quelqu’un d’autre.
Samira, restée au palais, venait soudain d’être innocentée par une simple ligne ?
Ou Miriam avait-elle voulu protéger quelqu’un ?
14. LA CASSETTE
Un technicien restaura l’enregistrement.
Miriam apparut à l’écran.
Maya se mit immédiatement à pleurer.
Sa mère.
Vivante.
Parlant directement à la caméra.
« Maya, ma petite fille… »
Elle expliquait qu’elle devait disparaître.
Mais surtout :
« Si quelqu’un te montre un jour la robe rouge, regarde la broche. »
Khalid se figea.
La robe avait donc été préparée comme un message.
Miriam savait qu’elle reviendrait un jour dans cette maison.
Puis elle prononça :
« La broche ne contient pas seulement mes initiales. »
Maya la retourna.
Sous la plaque M.R. se trouvait une minuscule rainure.
Khalid l’ouvrit.
Une petite clé tomba dans sa paume.
15. LA CLÉ DE L’AILE NORD
La clé ouvrait une ancienne porte sous l’aile nord.
Nabil les accompagna.
Samira aussi.
Un escalier descendait vers une salle oubliée.
À l’intérieur :
des dossiers,
des photos,
des lettres.
Et une immense photographie familiale.
Hassan.
Samira.
Nabil.
Miriam.
Puis un homme que personne n’avait encore mentionné.
Khalid demanda :
« Qui est-ce ? »
Nabil pâlit.
« Karim Rahmani. »
Le frère de Miriam.
L’oncle de Maya.