Officiellement mort dans un accident vingt-trois ans auparavant.
Maya fixa le visage.
Elle l’avait déjà vu.
Ce soir.
Au gala.
Parmi les invités.
16. L’HOMME QUI AVAIT DISPARU
L’homme que Maya avait remarqué quitter la salle n’était pas Nabil.
Il y en avait un autre.
Plus discret.
Derrière lui.
Même visage que Karim, simplement vieilli.
Khalid fit vérifier les caméras.
L’homme avait quitté la propriété douze minutes auparavant.
Maya murmura :
« Mon oncle est vivant. »
Samira répondit :
« Et s’il est revenu ce soir, c’est qu’il savait que la robe serait exposée. »
Nabil devint nerveux.
« Personne n’aurait dû connaître la date. »
Khalid le regarda.
« Sauf celui qui m’a conseillé de sortir cette robe des archives. »
Silence.
C’était Nabil.
17. NABIL AVAIT ORGANISÉ TOUTE LA SOIRÉE
Maya comprit.
« Vous vouliez que je voie la robe. »
Nabil ne répondit pas.
« Vous saviez que je travaillais ici. »
Silence.
« Vous saviez que Khalid allait m’humilier avec elle ? »
Cette fois, Nabil secoua la tête.
« Ça, non. »
Puis il ajouta :
« Mais je devais te mettre face au bijou. »
« Pourquoi ? »
« Parce que Miriam me l’avait demandé. »
Maya sentit son cœur s’arrêter.
« Quand ? »
Nabil répondit :
« Il y a trois semaines. »
18. MIRIAM ÉTAIT VIVANTE
Personne ne parla.
Maya pensa avoir mal entendu.
« Ma mère vous a contacté il y a trois semaines ? »
« Oui. »
« Où est-elle ? »
« Je ne sais pas. »
Maya le gifla.
« Arrêtez de mentir ! »
Nabil ne bougea pas.
« Elle m’a appelé depuis un numéro impossible à tracer. Elle m’a simplement dit : expose la robe le quinze septembre. Maya comprendra. »
Maya tremblait.
Sa mère était donc peut-être vivante.
Et elle savait que sa fille travaillait au palais.
19. LE DERNIER MESSAGE DE MIRIAM
Au fond de la pièce, un téléphone ancien se mit soudain à sonner.
Tout le monde se figea.
Personne ne savait qu’il fonctionnait encore.
Maya décrocha.
Silence.
Puis une voix féminine.
« Maya ? »
Ses genoux faillirent céder.
« Maman ? »
Khalid se rapprocha.
Nabil ferma les yeux.
La voix continua :
« Tu as trouvé la clé. »
Maya pleurait.
« Où es-tu ? »
« Je ne peux pas encore te le dire. »
« Pourquoi ? »
Long silence.
Puis Miriam répondit :
« Parce que l’homme qui m’a fait disparaître se trouve avec toi. »
Tous se regardèrent.
Khalid.
Nabil.
Samira.
Les gardes.
Maya sentit son souffle se bloquer.
« Qui ? »
La ligne craqua.
Puis Miriam murmura :
« Ce n’est ni Khalid… ni Samira. »
Nabil devint blanc.
Maya tourna lentement les yeux vers lui.
Mais Miriam ajouta aussitôt :
« Et ce n’est pas Nabil non plus. »
Tout le monde resta figé.
Alors qui ?
20. LE NOM CACHÉ DANS LA ROBE
Miriam demanda à Maya d’examiner la couture intérieure de la robe.
Ils remontèrent.
Sous l’ourlet rouge, Maya trouva une petite bande de tissu cousue.
Un nom.
HASSAN AL-NASIR
Khalid murmura :
« Mon père est mort il y a neuf ans. »
Miriam répondit au téléphone :
« Non. »
Silence.
« L’homme enterré sous son nom n’était pas Hassan. »
Khalid recula.
« Quoi ? »
Miriam continua :
« Ton père est vivant. »
Puis :
« Et il sait exactement où je suis. »
La ligne se coupa.
Khalid resta immobile.
Pendant vingt-deux ans, Maya avait cru que sa mère l’avait abandonnée.
Pendant neuf ans, Khalid avait cru son père mort.
Mais maintenant, une robe rouge destinée à humilier une simple employée venait de révéler que deux disparitions, une immense fraude immobilière et un faux décès appartenaient peut-être à la même histoire.
Puis le téléphone de Khalid vibra.
Une photographie venait d’arriver.
Deux personnes assises côte à côte dans une voiture.
Miriam Rahmani.
Et Hassan Al-Nasir.
Vivants.
Photo prise ce matin.
Sous l’image, un seul message :
NE CHERCHEZ PAS QUI A VOLÉ LE DOMAINE. CHERCHEZ POURQUOI MIRIAM ET HASSAN ONT DÛ FAIRE CROIRE À LEUR PROPRE FAMILLE QU’ILS AVAIENT DISPARU.
Maya releva les yeux.
La porte principale venait de s’ouvrir.
Une silhouette masculine entra lentement dans le palais.
Khalid cessa de respirer.
« Papa… »
Mais l’homme leva un doigt devant ses lèvres.
Puis regarda Maya.
Et prononça seulement :
« Avant que vous posiez vos questions, il faut retrouver Karim. Parce que s’il ouvre le coffre avant nous, ni toi ni Khalid ne voudrez savoir ce que vos familles ont réellement fait il y a vingt-deux ans. »
Maya serra la broche M.R. dans sa main.
Elle avait voulu savoir pourquoi sa mère avait disparu.
Désormais, elle n’était même plus certaine que Miriam ait été une victime.
Je peux continuer cette histoire dans le même style jusqu’à sa conclusion. Comme la suite est très longue, je vais la publier en plusieurs parties pour garder une narration complète et cohérente.
PARTIE 21 — L’HOMME QUI ÉTAIT MORT DEUX FOIS
Personne ne bougea.
Le silence dans l’aile nord du palais semblait plus lourd que les murs eux-mêmes.
Khalid fixait l’homme devant lui.
Le visage.
La voix.
La façon de tenir ses épaules.
Tout lui était familier.
Mais son cerveau refusait d’accepter ce que ses yeux voyaient.
— Tu es mort.
L’homme baissa légèrement la tête.
— Oui.
La réponse était si simple qu’elle fit encore plus mal.
Khalid serra les poings.
— Tu viens de dire que tu étais vivant.
— Les deux peuvent être vrais.
Maya regardait l’homme sans comprendre.
— Qui êtes-vous exactement ?
L’homme se tourna vers elle.
Ses yeux étaient fatigués.
Pas ceux d’un homme qui avait vécu dans le luxe.
Ceux d’un homme qui avait passé des années à fuir.
— Je suis Hassan Al-Nasir.
Khalid recula.
— Mon père…
Hassan leva les yeux vers lui.
— Oui.
Pendant quelques secondes, Khalid ne trouva rien à dire.