Puis la colère remplaça le choc.
— Ne m’approche pas.
Hassan s’arrêta.
— Je comprends.
— Non.
La voix de Khalid trembla.
— Tu ne comprends pas.
Il désigna le palais.
— J’ai grandi ici en pensant que tu étais mort. J’ai enterré un cercueil vide. J’ai porté ton nom. J’ai dirigé cette famille.
Il inspira difficilement.
— Et toi, tu étais où ?
Hassan ferma les yeux.
— En train d’essayer d’empêcher une catastrophe.
Maya intervint :
— Une catastrophe qui concernait ma mère ?
Hassan la regarda.
Puis il répondit :
— Oui.
PARTIE 22 — LA VÉRITÉ SUR LA DISPARITION DE MIRIAM
Hassan s’assit dans l’ancienne salle des archives.
Pour la première fois de la soirée, personne ne le voyait comme un patriarche puissant.
Seulement comme un homme qui portait vingt-deux ans de secrets.
— Miriam n’a jamais été mon ennemie.
Maya resta debout.
— Alors pourquoi elle a disparu ?
Hassan répondit :
— Parce qu’elle avait découvert quelque chose de pire que la fraude immobilière.
Khalid fronça les sourcils.
— Quoi ?
Hassan regarda les vieux dossiers.
— Mon père n’était pas seulement un homme qui volait des propriétés.
Nabil baissa les yeux.
Comme s’il connaissait déjà la réponse.
— Il appartenait à un réseau.
Maya sentit un frisson.
— Quel genre de réseau ?
— Des hommes riches qui achetaient des terres, effaçaient des propriétaires gênants et faisaient disparaître les preuves.
Samira prit la parole.
— Ton père n’était pas seul.
Tous se tournèrent vers elle.
Elle ajouta :
— Plusieurs familles puissantes étaient impliquées.
Khalid fixa sa tante.
— Tu savais ?
Samira resta silencieuse.
Puis :
— Oui.
La réponse fut pire qu’un mensonge.
— Depuis quand ?
— Depuis toujours.
Khalid recula.
— Toute ma vie…
Il passa une main sur son visage.
— Toute ma vie, j’ai protégé un nom qui était construit sur des mensonges.
PARTIE 23 — POURQUOI HASSAN A DÛ DISPARAÎTRE
Hassan posa une enveloppe sur la table.
À l’intérieur se trouvait une série de photographies.
La première montrait Hassan plus jeune.
La deuxième montrait Miriam.
La troisième montrait un homme.
Karim Rahmani.
L’oncle de Maya.
— Karim était le cerveau.
Maya pâlit.
— Mon oncle ?
— Oui.
Nabil secoua la tête.
— Impossible.
Hassan répondit :
— C’est ce que nous pensions tous.
Karim n’était pas mort.
Il avait organisé sa propre disparition.
Il avait laissé croire que la famille Rahmani avait été détruite par les Al-Nasir.
Pendant ce temps, il récupérait les documents originaux.
Les signatures.
Les preuves.
Les titres de propriété.
Tout.
Maya murmura :
— Mais pourquoi ?
Hassan répondit :
— Parce qu’il voulait récupérer le domaine.
— Ce domaine appartenait à ma famille.
— Oui.
Il marqua une pause.
— Mais Karim ne voulait pas seulement récupérer une maison.
Il voulait récupérer un empire.
PARTIE 24 — LE VRAI CONTENU DU COFFRE
Maya repensa au coffre découvert sous l’aile nord.
Ils y retournèrent.
Cette fois, Hassan ouvrit une petite porte cachée derrière une étagère.
À l’intérieur se trouvait un coffre métallique.
Pas grand.
Mais extrêmement sécurisé.
Hassan sortit une clé.
Maya fronça les sourcils.
— Vous l’aviez ?
— Miriam me l’a confiée.
Khalid le regarda.
— Tu savais tout depuis le début ?
Hassan répondit :
— Non.
Il ouvrit le coffre.
À l’intérieur :
Un passeport.
Des contrats.
Une lettre.
Et une enveloppe portant un seul mot.
KARIM.
Maya ouvrit la lettre.
L’écriture était celle de Miriam.
Si Karim revient, cela signifie qu’il pense avoir gagné.
Mais il a oublié une chose.
La vérité ne disparaît jamais. Elle attend.
Sous la lettre se trouvait une clé USB.
Khalid la connecta à un ordinateur portable.
Une vidéo apparut.
Karim Rahmani.
Vingt-deux ans plus tôt.
Il parlait face caméra.
— Si vous regardez ceci, c’est que je n’ai pas réussi à récupérer ce qui m’appartient.
Maya sentit son cœur se serrer.
Karim continua :
— Les Al-Nasir ont volé notre famille.
Hassan murmura :
— Écoutez jusqu’au bout.
La vidéo continua.
Et ce que Karim dit ensuite changea tout.
PARTIE 25 — LE MENSONGE DE KARIM
— Miriam n’a jamais été une victime.
La phrase résonna dans la pièce.
Maya pâlit.
— Quoi ?
La vidéo continua.
Karim souriait.
— Elle m’a trahi.
Khalid regarda Hassan.
— Est-ce vrai ?
Hassan ne répondit pas.
Karim expliquait :
Après avoir découvert les documents falsifiés, Miriam n’avait pas voulu simplement dénoncer Hassan.
Elle voulait détruire tout le système.
Y compris les familles qui avaient participé.
Elle avait donc préparé un plan.
Faire croire à sa disparition.
Faire croire à la mort d’Hassan.
Attendre que les responsables se dévoilent.
Maya secoua la tête.
— Donc ma mère a organisé tout ça ?
Hassan répondit doucement :
— Oui.
— Elle m’a abandonnée.
— Non.
La réponse fut immédiate.
Hassan regarda Maya.
— Elle t’a protégée.
Maya sentit les larmes monter.
— Pendant vingt-deux ans ?
— Parce que Karim te cherchait.
Silence.
Puis Hassan ajouta :
— Il savait que tu étais la dernière personne capable de récupérer les preuves.
PARTIE 26 — KARIM REVIENT
Une alarme retentit soudain dans le palais.
Les lumières clignotèrent.
Un garde entra précipitamment.
— Monsieur Al-Nasir…
Il s’arrêta en voyant Hassan.
Puis pâlit.
— Monsieur…
Hassan se leva.
— Quoi ?
Le garde tendit son téléphone.
Une caméra de sécurité montrait l’entrée principale.
Un homme venait d’arriver.
Karim Rahmani.
Vivant.
Plus âgé.
Mais toujours reconnaissable.
Maya fixa l’écran.
Son oncle.
L’homme qui avait été présenté comme mort.
L’homme qui avait probablement contrôlé toute cette histoire.
Hassan murmura :
— Il est venu chercher le dernier document.
Khalid demanda :
— Lequel ?
Hassan regarda Maya.
— Celui que ta mère a caché.
Maya sentit la broche dans sa main.
— La broche ?
Hassan hocha la tête.
— Non.
Il désigna la robe rouge.
— La robe entière.
PARTIE 27 — LE DERNIER SECRET DE LA ROBE ROUGE
Ils retournèrent dans la salle du gala.